
Un nouveau regard sur le ministère
Noémie, équipière à RÉVERBE, a été invitée à revoir ses priorités dans le ministère et à laisser le Seigneur renouveler sa manière d’évaluer son service, non plus selon le « faire », mais selon l’« être ».
Sa réflexion est inspirée du livre Devenir un disciple émotionnellement sain de Peter Scazzero :
Éditions Excelsis
Date de publication : 30 juin 2022
320 pages

– Un changement de regard :
J’ai tendance à évaluer mon ministère selon les critères du « faire » : combien de tâches ai-je accomplies ? Ai-je été productive ?
Mon regard sur mes collègues ou sur l’organisation où je suis impliquée peut si facilement être orienté par ce critère. Et dans un contexte interculturel, où les attentes et représentations vis-à-vis du travail sont très différentes, cela génère des frustrations, de l’incompréhension, du jugement.
Je me sens en colère contre la mauvaise planification, qui m’empêche de « porter les fruits » que j’ai déterminés comme mon objectif. Je me sens frustrée contre les gens que je vois comme des obstacles au bon déroulement de mes projets. Je culpabilise de ne pas me sentir à la hauteur.
Cette année, j’ai lu le livre « Devenir un disciple émotionnellement sain », de Peter Scazzero. Beaucoup de thématiques y sont abordées, mais l’une en particulier m’a interpellée : « Être avant de faire ».
L’invitation est la suivante : choisir un critère d’évaluation orienté principalement par mon « être », mon attitude de cœur, et la place que je laisse à Jésus dans les situations du quotidien.
– Sur le terrain :
J’interviens auprès d’enfants défavorisés, qui sont souvent extrêmement agités et ont du mal à respecter un cadre. Si mon objectif principal est d’avoir terminé tel point de ma leçon ou réalisé tel ou tels exercices, je risque d’être déçue. Ma séance sera peut-être interrompue si les enfants sont distraits ou agités. Certainement qu’ils ne comprendront pas ce que je veux leur enseigner. Probablement que les enfants arriveront porteurs d’émotions lourdes, et seront incapables de se concentrer. Sûrement que la séance sera annulée pour tout imprévu possible et imaginable (pluie battante, bus en panne, coupure d’électricité, problèmes de santé, rendez-vous administratif impromptu…) Alors, je me sentirai découragée, en colère contre les circonstances, mes collègues, voire même les enfants qui m’« empêchent » de bien faire mon travail !
Tandis que si je suis tournée vers « l’être », je me rappelle que je suis là pour aimer ces enfants, quoi qu’il arrive. Et le critère principal pour évaluer mon travail sera : est-ce que j’ai aimé ces enfants ? Est-ce que j’ai pris le temps de les voir et de les écouter ?
– C’est un virage à 180 degrés !
Au lieu de la frustration et du stress, j’accueille la paix et j’accepte le « présent ». Je pardonne à mes collègues, et aux circonstances incompréhensibles d’une culture tellement éloignée de la mienne ! Je fixe mes regards sur Jésus qui, dans les évangiles, est présent pour les gens, prêt à se reposer, à changer son planning, à accepter de « perdre du temps ». Je m’humilie en me rappelant que je suis une servante inutile. Et j’apprends à savourer l’amour du Père.
Que le Seigneur continue de renouveler nos regards et nos cœurs !
Noémie








